Hadopi a
été conçue au nom de la "
défense des droits d'auteur ". On peut se demander
pourquoi le pouvoir a manifesté tant d'acharnement
à imposer une loi que même les
députés européens ont rejetée
pour son côté liberticide.
Rappelons que les "droits d'auteur" sont
protégés depuis longtemps par le
Code
de la Propriété
Intellectuelle et
par tout un arsenal de textes
complémentaires.
Les mesures mises en
place par Hadopi, n'empêchent nullement la copie :
elles touchent les novices en matière
d'informatique. Les "pirates", les vrais, génies
de l'informatique, ont trouvé depuis belle lurette
la parade et, au passage d'ailleurs, ont gagné en
notoriété et en sympathie en devenant le
dernier rempart contre la censure.
Avouons-le: Hadopi n'a
d'autre objectif que de mettre l'incontrôlable
internet sous contrôle.
Car
n'importe qui est susceptible de voir, du jour au
lendemain, sa connexion coupée, qu'il ait ou non
téléchargé.
A l'internaute de prouver qu'il ne l'a pas fait. On peut
imaginer les dérives. A l'ère où
toutes les administrations se mettent au web, et
où les internautes sont de plus en plus nombreux,
couper internet arbitrairement à un utilisateur
dont l'adresse IP aura pu être hackée par un
voisin conduira à des milliers de connexions
coupées "pour faire du chiffre". Ce seront des
milliers d'internautes qui n'auront plus accès au
web, des milliers de consommateurs qui ne pourront plus
consommer en ligne, des milliers d'administrés qui
ne pourront plus accéder aux services publics en
ligne, des milliers d'étudiants qui ne pourront
plus visualiser la documentation nationale, des milliers
de chercheurs ou médecins qui ne pourront plus
échanger leurs données, des milliers de
chômeurs qui ne pourront plus rechercher un emploi
ou se réactualiser en ligne.
Bien sûr,
direz-vous, il faut protéger son ordinateur en y
installant notamment un mouchard.
On peut s'interroger sur la méthode, qui non
seulement porte atteinte à la liberté
privée, mais de surcroît ne serait d'aucun
secours. En effet, peut-on exiger d'un quidam de
protéger de manière performante son
ordinateur quand le président de la
république lui-même, pourtant bien
entouré en matière de
"sécurité", s'est fait pirater son compte
facebook à deux reprises.
Couper l'internet
arbitrairement d'un côté et prétendre
développer le numérique de l'autre est
d'une imbécillité absolue
que
même l'administration Bush n'avait pas osé
mettre en place aux Etats
Unis tant les
dégâts risquaient d'être
coûteux. On peut déplorer qu'il n'y ait pas
eu en France une table ronde de compétences issues
de la pratique du Web, que la mise en place d'Hadopi ait
été initiée par des personnages
n'ayant aucune connaissance de l'internet, voire
même n'ayant jamais pianoté sur un clavier
d'ordinateur.
Couper l'internet est une
forme de censure qui n'existe que dans les
régimes
dictatoriaux. En
matière de censure, d'atteinte aux libertés
et de retard numérique, Hadopi abaisse la France
au rang de la Chine. Ou de la Tunisie, de l'Egypte et de
la Libye à leurs pires heures.
Le Portail du Livre qui
défend les droits d'auteur depuis près de
15 ans sur internet est résolument contre Hadopi
(et contre ses prolongements Loppsi et
compagnie).
La liste des
députés qui ont voté Hadopi est
disponible ici : http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0386.asp
En
lien
Nombreux sont les sites
qui ont interpellé en vain les élus contre
les absurdités de l'Hadopi. Quelques uns
parmi les plus représentatifs (liste non
exhaustive)
Les
sites qui dénoncent
. La
quadrature du net
http://www.laquadrature.net
La quadrature du net est
un des plus ardent défenseur de la liberté
du web. Son porte-parole, Jérémie
Zimmermann, a souvent pris position, lors de
débats télévisés, contre la
censure orchestrée de l'internet.
A
noter : sur le site de la Quadrature du Net un lien
conduit vers une liste des opposants à
HADOPI, qu'il
s'agisse d'institutions, d'associations, d'entreprises,
de personnalités politiques ou artistiques, de
spécialistes de l'internet : http://www.laquadrature.net/wiki/Contre_hadopi
.
PCINpact http://www.pcinpact.com
PCINpact publie la carte
des pays placés sous surveillance (par RSF :
Reporters Sans Frontière) au niveau de la censure
sur internet, carte où l'on découvre un
seul pays de l'Europe de l'ouest visé : la
France
. Clubic
http://www.clubic.com
Clubic, site informatique
et multimédia rend compte
régulièrement des lois visant à
censurer l'internet.
. Odebi
https://www.odebi.org
Forum qui traite de
l'actualité technico-législative (HADOPI,
LOPPSI, ACTA) et apporte une entraide
informatique
Les sites qui militent ou qui aident à se
défendre
. Le
collectif antiloppsi2
http://antiloppsi2.net/
Collectif de militants
anti-loppsi2 qui informe sur les mobilisations contre les
lois anti-libertés.
.
Numérama
http://www.numerama.com
Le magazine consacre un
forum à l'Hadopi et, important, explique
comment
se défendre et
réagir face
aux courriers menaçants expédiés par
cette organisme aux internautes
.
Framasoft.net
http://forum.framasoft.org/
Framasoft indique comment
mettre un contenu sous licence libre (alternative
à la protection des droits d'auteurs). "Issu
du monde éducatif, Framasoft est un réseau
de sites web collaboratifs à
géométrie variable dont le
dénominateur commun est le logiciel libre et son
état desprit. Il vise à diffuser le
logiciel libre et à le faire connaître
auprès du plus large public."
Les sites qui s'engagent politiquement et notamment un :
le Parti des Pirates.
Et sans doute est-ce
là, à bien y réfléchir, la
seule solution pour lutter contre la censure :
l'engagement politique, la présence d'élus
dans les assemblées quelles qu'elles soient
(régions, départements, Europe) serait le
barrage le plus efficace contre la censure de
l'internet. Le plus il y aura d'élus
opposés à la censure dans les
assemblées, le moins il y en aura pour voter des
lois encourageant celle-ci. Or, les partis politiques
dans leur ensemble s'engagent peu ou mollement contre la
censure de l'internet. Erreur car les internautes
sont de plus en plus nombreux et tout autant à se
soucier de leur liberté de navigation. Ce qui
a d'ailleurs déjà conduit à
l'élection de "Pirates" (suédois) à
l'assemblée européenne.
. Le
Parti des Pirates http://partipirate.org
Ce qu'ils disent : "Nous
ne nous reconnaissons pas dans le terme de "piratage". Le
fait de partager un patrimoine immatériel,
fût-ce illégalement, n'a rien à voir
avec des actes de pillage et de barbarie. Nous
n'encourageons pas, au demeurant, le partage de la
culture et des connaissances lorsqu'il se fait
illégalement, ou au dépend des auteurs et
de leurs conditions de vie si ce préjudice
s'avérait réel, ce qui reste encore
à prouver. Le Parti Pirate propose de renouveler
les modèles de diffusion de la création.
Ces modèles doivent être plus justes, plus
immédiats entre les artistes et le public, et plus
respectueux des citoyens et de leurs libertés
fondamentales : il
est inadmissible que de nombreux citoyens soient
aujourd'hui
criminalisés,
au seul motif qu'ils n'entrent pas dans le système
officiel de "public-consommateur" dont on voudrait nous
faire croire qu'il est le seul mode d'accès
légitime à la culture (..) Le Parti Pirate
ne cautionne pas les prétextes sous lesquels
lon restreint les libertés des citoyens :
quil
sagisse de lutter contre le terrorisme ou le
soi-disant "piratage", rien ne peut justifier de
déposséder les citoyens de leur droit
à la vie privée, au secret des
communications, ou à lanonymat, sur Internet
comme ailleurs, sans décision de
justice. La
liberté dexpression, elle-même,
demande à être défendue avec
vigilance. Plus généralement, il est
aujourdhui indispensable de permettre aux citoyens
de retrouver confiance en leurs élus, par de
nouveaux moyens. La technologie, notamment, doit
être utilisée dans le sens de la
transparence et de limmédiateté, et
non pour ajouter à lopacité et
à la complexité."
Internet jouera un
rôle primordial dans les présidentielles
2012. Pour endormir les internautes qui avaient
promis de manifester leur colère contre Hadopi
lors de cette échéance, le pouvoir en place
tente de recoller les morceaux en créant un
Conseil National du Numérique, dans lequel
entrerait la compétence...avant l'Hadopi
3. Qu'en pensent les internautes ? Echantillon :
. Developpez.com
un site consacré aux développeurs, et donc
internautes avertis, explique à quoi servira le
CNN et donne un avis sur la question.
. frenchweb.fr
donne la liste des membres du CNN où, sur les 18
heureux élus on trouve... 1 seule femme.
. znet.fr
relève les critiques déjà
formulées contre le CNN.
. Numérama.com
indique que le CNN ne sera pas systématiquement
consulté : "Alors que ce nouvel organe est
censé apporter un regard éclairé sur
la politique numérique, le gouvernement a
préféré ne pas se lier les mains en
réduisant nettement son importance."
. http://www.datasharedays.org
,côté résistance, invite à des
journées d'échange de fichiers dans des
Centres de Partage ou par le biais de Flash mob. "Les
Data Share Days sont la création d'un petit groupe
d'amis, sans moyens, ni compétences
spécifiques, autres que la volonté et la
motivation d'organiser un événement festif
pour réclamer de nouvelles lois sur les droits
d'auteur et la propriété intellectuelle,
ainsi que pour défendre la neutralité et la
liberté d'échange sur Internet. Les Centres
de Partage Data Share Days sont des lieux privés
(Cafés, Bars, Restaurants, Boites de nuits, etc),
qui soutiennent les revendications des Data Share Days,
et qui vous offre leur aide pour partager vos fichiers.
Par ailleurs, vous pouvez rejoindre un groupe Flash mob
et participer, dans un lieu précis, à un
horaire exacte, à un rassemblement
créatif."
Dans les pays
pratiquant la censure ou restreignant la libre
circulation de linformation (parmi lesquels figure
la France, selon Reporters Sans Frontière) le
Wi-fi libre arrive. Le projet Commotion est
prévu pour 2012. Cest un projet
américain de réseau Wi-Fi libre,
anonyme
et gratuit, qui devrait passer outre les
opérateurs
télécoms.
Le projet est
financé par lOpen Technology Initiative
(OTI), du nom du département IT de New America
Foundation (présidée par Eric Schmidt, qui
préside parallèlement Google). Pour plus de
détails techniques le site itespresso.fr
Streaming
interdit
et taxe
sur les abonnements internet... pour financer la
musique
Jusqu'où iront ils
dans l'interdiction de la culture.!!! Le dispositif
Hadopi pourrait être étendu au
streaming.
"Or, pour être
efficace, une telle évolution du dispositif
nécessiterait de mettre en place un filtrage
efficace, ce qui pose autant de difficultés
techniques que de questions de fond sur la
neutralité du Net. La Haute autorité
elle-même déclarait, en juillet dernier, ne
pas être forcément partisane d'un filtrage,
de nature à "atteindre
la neutralité, la sécurité des
réseaux ou encore la protection de la vie
privée". Selon
elle, ce que les ayants-droit attendent, c'est une vraie
promotion de l'offre légale et la mise en place
d'outils pour favoriser la consommation de contenus audio
et vidéo par les internautes sur des plateformes
légales. Le piratage sur le P2P serait en baisse
de 35%, mais combien de pirates sont passés au
streaming et au téléchargement direct ? Un
chiffre qui ne tient pas compte de l'essor, en
contrepartie, du streaming et du
téléchargement direct chez des
hébergeurs tels que Megaupload ou RapidShare.
Autre mesure prévue: la création d'un
Centre National de la Musique, sur le principe du CNC
(Centre National du Cinema). Un CNM qui serait
financé par un prélèvement
forfaitaire sur le prix des abonnements à
Internet. Il faut
savoir que les FAI financent déjà en partie
le CNC, via le Cosip." (sources pcworld.fr)
Internet
massivement surveillé
En partenariat avec
WikiLeaks, OWNI
révèle l'existence d'un nouveau
marché des interceptions massives, permettant
d'écouter toutes les
télécommunications à
l'échelle d'une nation. Ses acteurs vendent leurs
produits en Europe,
aux États-Unis et à des
dictatures. La France
est concernée.
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