Livre, loi, internet

 

Nous remercions monsieur David DEMARTIS, Chargé de mission - Économie du livre au Centre régional du livre de Bourgogne de nous apporter quelques précisions qui intéressent tous les acteurs du livre, dans un système éditorial ou l'auto-édition est de plus en plus présente.

. La TVA sur le livre passe de 5,5 % à 7 % ... et provoque une levée de bouclier. Pourquoi ?

On a tendance à oublier que l'industrie du livre représente un important gisement d'emploi. Or du fait de la crise le livre est déjà très fragilisé. Il reçoit un nouveau coup de masse avec le relèvement de la TVA qui passe de 5,5 % à 7 %. Car qui sont les acteurs de cette industrie du livre ? Eh bien les éditeurs, les libraires, les imprimeurs, les diffuseurs, les distributeurs, les correcteurs, les traducteurs, les scénaristes, les illustrateurs, l'univers de l'audivisuel....etc. Ce qui annonce des milliers d'emploi supprimés. Comme une portion de plus en plus importante d'économistes, et de Français, nous ne comprenons pas qu'il faille ajouter de la rigueur à la rigueur et que, pour satisfaire l'appétit insatiable de la finance et "des marchés", qui cyniquement dégrade "la note" d'un pays sous prétexte que la croissance n'est plus au rendez-vous (en faisant tout au préalable pour que la consommation baisse), la seule solution choisie est la casse des emplois.

. LE LIVRE EST UN PRODUIT DE PREMIÈRE NÉCESSITÉ

Le Centre régional du livre de Bourgogne fait part de sa vive inquiétude suite à l’annonce par le Premier ministre lundi 7 novembre de porter la TVA à taux réduit de 5,5 % à 7 %, à compter du 1er janvier 2012. Le livre, non répertorié par l’Etat dans la liste des produits de première nécessité, n’échapperait pas à cette mesure.

Cette décision, si elle est votée et appliquée, mettra en péril, en Bourgogne comme ailleurs, une filière livre déjà largement fragilisée par les nouveaux enjeux nationaux et internationaux : essor du numérique et baisse du pouvoir d’achat.

Elle contredit en outre l’engagement pris par l’État depuis 30 ans (loi Lang) et réaffirmé lors des Assises de la librairie en mai 2011 de mettre en œuvre des mesures fortes pour soutenir la librairie et à travers elle : auteurs, maisons d’édition, bibliothèques, bref, tous ceux qui font le livre, premier support d’éducation et de culture. Est-ce à dire que ces deux « biens publics » ne seraient plus de première nécessité ?

En écho aux prises de positions des syndicats, de notre fédération et de l’ensemble de la profession (cf. ci-dessous), le CRL Bourgogne appelle à la mobilisation des élus et des citoyens bourguignons.

Marion Clamens, directrice - George Bassan, présidente

+ d’info :

- Communiqué de la Fill, Fédération interrégionale du livre et de la lecture, 7 /11/2011

- Communiqué du SNE, Syndicat national de l’édition, 8/11/2011

- Intervention de Guillaume Husson, directeur du SLF, Syndicat de la librairie française, Les Echos, 8/11/2011

- Une hausse de TVA qui fâche, Livre Hebdo, 8/11/2011

- Intervention de Vincent Monadé, directeur du MOTif, l’observatoire du livre et l’écrit de la Région Ile-de-France, 7/11/2011

 

. Quand Google-Books sera propriétaire des droits d'auteur des écrivains édités et auto-édités....

Les syndicats d'Europe, qu'ils soient ceux de l'édition ou plus encore de la librairie, ont tous manifesté leurs craintes à l'égard de Google Books et de l'accord passé avec les plaignants dans le procès sur les droits d'auteurs. Cette position monopolistique redoutée par tous prend une tournure nouvelle quand on prend en compte tout ce que Google pourra faire... Depuis quelque temps déjà, un avis a été publié par le moteur concernant la présence ou non de livres dans ses pages :

"L'objectif de ce site est de vous informer sur la proposition de Règlement issue d'un procès de recours collectif entamé par des auteurs et éditeurs, accusant Google d'avoir porté atteinte à leurs droits d'auteurs et à ceux d'autres détenteurs de droits de livres et de hors-textes (cliquez sur les termes pour consulter leurs définitions), en numérisant les livres en question, en créant une base de données électronique et en affichant des extraits sans l'autorisation préalable des détenteurs des droits d'auteurs concernés."

Trois dates essentielles sont ainsi à retenir pour les auteurs :

- celle du 5 janvier 2010, pour remplir un formulaire qui permettra de revendiquer ses livres, et pouvoir disposer des paiements inhérents à leur consultation

- celle du 5 mai 2009, pour que votre ouvrage soit retiré de Google Recherche de livres

- celle du 5 mai 2009 derechef, pour "faire une demande de récusation ou demander un avis d'intention de participer à l'audience impartiale"

Amis auteurs, vous voilà avertis. On déplorera tout de même que les ayants droit aient à faire la démarche de se désinscrire de cet outil, étant, dans le cas où ils n'auraient pas vent de ce règlement, automatiquement intégrés au catalogue. Mais enfin, ce sont les manières de Google, et manifestement personne n'y peut rien...

De même pour désinscrire ses livres, que l'on soit auteur, héritier de l'auteur, éditeur ou agent, toute une foule de renseignements et de données personnelles sera à fournir. Comme vous pouvez le voir le système est verrouillé.

Je vous invite donc à vous reporter le plus rapidement possible vers ce lien pour y déclarer les ouvrages que vous désirez soustraire à l'offre Google-Book : le risque étant que, à terme, Google devienne détenteur de fait des ouvrages numérisés, épuisés chez les éditeurs. Une forme d'OPA sauvage sur les catalogues numérisés en devenir des éditeurs du monde entier...Cependant, c'est à chacun de juger de la nature de cette "proposition". Je vous invite donc à lire très attentivement les pages suivantes et à remplir les documents présents :

http://www.googlebooksettlement.com/r/home

. Suite

Devant le nombre de questions que soulève l'arrivée à échéance de la requête auprès de Google Search Book, je vous fais passer ce mode d'emploi. Lorsque vous cliquez sur le deuxième lien (voir plus bas) "Pour consulter la base de données éditeurs et…. ", vous arrivez sur la page d’accueil du site. Il vous faut alors créer un compte (à droite sur la page ). Laissez vous guider. Ainsi, vous aurez accès à l’ensemble du site et au moteur de recherche dès confirmation de votre inscription. Un code vous est envoyé par mail. Copier/coller le code. Vous arrivez alors sur la page "Formulaire de revendication". Cliquez tout en bas sur "Rechercher et revendiquer". 4 choix vous sont proposés, préférez le choix 1 : "Rechercher des livres" puis cliquez sur "continuer". Vous arrivez alors à un moteur de recherche qui vous permet d’interroger les titres ou les éditeurs ou les ISBN, ..Vous tapez le nom de la maison d’édition et vous aurez ainsi accès à une liste de n titres (dans la mesure où la maison est référencée). Lorsque vous cliquez sur un des titres, le moteur de recherche vous ramène à une fiche technique. Si le titre a été numérisé, cela sera précisé uniquement dans le descriptif de l’ouvrage.

Exemple de descriptif (trouvé sur le site) :

Plus d'infos

Anatole Le Braz & La légende de la mort

Par …………………………

Publié par ………………………………………………., 1996

Copie de l'exemplaire l'Université du Michigan

Numérisé le 8 oct 2008

ISBN ……………………………………………………………….

222 pages

Si l’éditeur souhaite que le livre soit enlevé de la base GoogleSerarchBook pour son profit, il faut alors qu’il demande à "revendiquer" ses droits. C’est vraiment impressionnant. Le moteur de recherche donne accès à l’ensemble des sites qui référencient l’ouvrage, ainsi qu’à une sélection des principaux articles diffusés à la sortie du livre. De très petite maisons (sans diffuseur) sont référencées, mais les titres ne sont pas forcément numérisés. Si vous n’avez pas le temps de créer un compte, cliquez sur "Me connecter".

Les liens cités plus haut : Base Google

Les éditeurs ont jusqu’au 5 mai 2009 pour vérifier à l’adresse ci-dessous si Google a numérisé leurs ouvrages sans autorisation et pour décider s'ils souhaitent les voir mis à disposition du public ou non.

Pour plus d’info sur le dossier :

http://www.sne.fr/pages/les-enjeux/bibliotheques-numeriques/numerisation-par-google.html

Pour consulter la base de données éditeur et décider de rester ou sortir du règlement :

http://books.google.com/booksrightsholders/

Ne croyez pas que Google regarde de près ce qui peut être intéressant ou non : Google est LE moteur de recherche et il indexe tout. Par exemple, cela permettra sans entrave pour Google, de proposer l'ouvrage numérisé en vente sur Amazon et toutes les autres plateformes marchandes dans un temps relativement court, et d'en récolter personnellement les fruits. Pire, une fois votre ouvrage papier épuisé, le seul détenteur de l'oeuvre pérenne encore trouvable deviendrait... Google ! Pas de quoi s'alarmer, mais il convient d'être VIGILANT et de faire valoir ses droits ! Cet outil s'attaque aux principes de propriété et de droits d'auteur ne respectant pas le code de la propriété et pour cause.

. Suite (2) Google Book Search Nouvel épisode

L’Allemagne obtient que la Commission européenne étudie la gigantesque numérisation de livres du moteur de recherche américain. Les milieux littéraires allemands se sont insurgés des atteintes à leurs droits notamment commises par Google et Youtube au niveau international et national en lançant une pétition, signée à ce jour par des auteurs, des scénaristes, professeurs, etc.La directrice de la Fédération des éditeurs européen (FEE), Anne Bergmann-Tahon signale que « l’affaire a pris de l’importance et le gouvernement allemand a décidé d’en référer à Bruxelles. »En prévision du conseil européen des ministres de la compétitivité (marché intérieur, industrie, recherche) organisé les 28 et 29 mai dernier, la délégation allemande a déposé mi-mai une note souhaitant vivement que la Commission européenne enquête sur le projet de numérisation de livres entrepris par Google, soulignant qu’il s’agissait d’une initiative absolument incompatible avec la législation européenne sur le droit d’auteur.La délégation s’inquiète surtout de l’accord conclu aux Etats-Unis avec les auteurs et les éditeurs américains, mais dont les conséquences s’étendront aux ayants droit du monde entier. Cette transaction « pourrait avoir un impact sur la concentration des médias et la diversité culturelle en général, et spécialement en Europe. En numérisant des millions de livres, Google a sauté une marche, dans la mesure où les ayants droit n’ont d’autre solution que de sortir (Opt Out) de l’accord rétroactivement. En conséquence, d’autres initiatives, telles qu’Europeana qui numérise et met en ligne des contenus sous copyright seulement après avoir obtenu l’accord des ayants droit, ont aussi perdu du terrain », affirme la délégation allemande.

Google. Les enjeux de l’accord

Le jeudi 11 juin devait se dérouler l’audience au tribunal du district de New York de l’affaire « Monde du livre contre Google », mais l’affaire est reporté au 7 octobre.Tout a faillit se dérouler en douceur jusqu’à ce que les héritiers de Steinbeck, entre autres ayants droit, ont demandé au juge Denny Chin un délai supplémentaires pour décortiquer les 300 pages de l’accord longuement négocié entre les auteurs, les éditeurs américains et Google.L’origine du différend : la numérisation sans autorisation de millions de livres par le moteur de recherche. C’était à quelques jours du 5 mai dernier, date limite pour les ayants droit du monde entier de décider s’ils restaient ou non dans l’accord de négociation collective. Suite au décès du juge en charge du dossier, un délai supplémentaire de 4 mois a été accordé aux ayants droit pour signaler leur position vis-à-vis du règlement.Or, la vague de contestation n’a cessé d’enfler.

Rappel : le projet

Depuis 2004, Google a entrepris de numériser des millions d’ouvrages, à partir des fonds des grandes bibliothèques universitaires américaines, d’une extraordinaire richesse.Google scanne tout : des livres du domaine public, des livres orphelins, toujours sous copyright mais épuisés, et dont les ayants droit sont inconnus, et des titres toujours en circulation. L’objectif est d’intégrer ce contenu à celui d’internet que le moteur de recherche analyse en permanence. Par ailleurs, Google proposait aux éditeurs de numériser gratuitement leurs propres fonds, avec leur accord. Pour les livres sous droit, Google montre des extraits ; il dit respecter les règles du « Fair use » (usage raisonnable), une particularité du droit américain qui tente d’équilibrer l’intérêt du public à l’information, et les droits exclusifs des auteurs sur leurs œuvres. Google s'engageait à retirer les titres numérisés d'avants droit qui exprimaient leur désaccord (OPT OUT) Auteurs et éditeurs américains ont au contraire considéré qu'il fallait d'abord leur demander leur avis. Faute d'être entendus, ils ont assigné Google pour contrefaçon.

Le périmètre de l’accord : les livres épuisés

Après le démarrage d'une procédure qui promettait de durer des années, la Guilde des auteurs (WGA), l'association des éditeurs (FAA) et Google ont commencé à négocier à partir de 2006. Ils sont arrivés à un accord en octobre 2008. Contre 125 millions de dollars, les ayants droit qui acceptent ce projet de règlement renoncent à toute poursuite contre Google. Ce texte touffu trace la ligne de partage des eaux entre les livres disponibles (et encore sous droits d'auteur) et indisponibles – avec une nuance autour des épuisés. Google pourra montrer jusqu'à 20 % du contenu des indisponibles, sauf si des ayants droit manifestent et souhaitent les retirer (OPT OUT). Pour les livres toujours en librairie, il attendra l'accord formellement exprimé des auteurs et éditeurs (OPT IN).

…accessibles sur le territoire américain

Cette règle ne concerne que les Etats-Unis. Les internautes du reste du monde ne verraient toujours que les courts extraits sur ces fonds de pages déchirées. Mais en vertu de la convention de Berne, les ayants droit du monde entier bénéficient des mêmes protections que ceux des ouvrages américains, et donc de l'accord. Comme les auteurs et éditeurs d'ouvrages publiés aux Etats-Unis, ils pourront se partager 60 dollars de dédommagement par titre reproduit, entre autres dispositions, ou conserver la possibilité de faire un procès s'ils sortent de cette class action. Ils peuvent maintenant réfléchir jusqu'au 4 septembre, également date butoir des objections à l'accord à déposer chez le juge Chin.

Un monopole de Google

L'accord prévoit également que Google pourra commercialiser l'accès au contenu de ces livres numérisés (toujours pour les seuls internautes américains), aussi bien ceux dont les ayants droit sont connus et ont donné leur accord, que la masse des inconnus dont le moteur aura le monopole. Et c'est là que tout coince. Ces millions de livres qui s'empoussiéraient dans les annexes de stockages des bibliothèques américaines prennent une valeur soudaine, sortis de l'oubli par la vertu de l'immense fortune que Google tire de la publicité. Si une autre entreprise envisageait d'imiter ce projet aussi formidable que fou, elle devrait reprendre toutes les mêmes étapes, car la divergence d’interprétation sur le fair use n’est pas juridiquement réglée. Quant aux revenus, dont le montant est tout à fait inconnu dans la mesure où ce marché serait absolument nouveau, ils seront partagés avec les ayants droit.

La contestation s’organise

L’historien Robert Darnton, directeur de la bibliothèque universitaire de Harvard, s'est élevé le premier contre ce monopole dans une très longue analyse publiée en janvier dans la New York Review of Books, intégralement traduite dans Le Monde diplomatique de mars. Il est resté quelques semaines isolé, mais la contestation s'est emballée en avril. Trois grandes associations de bibliothèques américaines, l'association des consommateurs américains, Microsoft via l'école de droit de New York, Brewster Kahle, initiateur d'internet Archives, ont également protesté, et le département antitrust du ministère de la Justice s'intéresse maintenant à l’affaire. En Europe, la fédération des éditeurs et celle des libraires qui avaient émis des avis défavorables viennent de recevoir un renfort de poids : l'Allemagne, soutenue par la France, a fait savoir qu'elle souhaitait que la Commission européenne s'empare de la question et vérifie sérieusement si le projet de Google respecte le droit d'auteur.

Google coi

Pour le moment, le moteur de recherche n'a pas formulé d'arguments à la hauteur de cette contestation toute nouvelle. Sergey Brin a laissé pointer de l'irritation en déclarant que les critiques émises contre l'accord étaient à « courte vue et contradictoires ». Pour calmer les craintes de tarification abusive, un accord a été annoncé mi-mai avec l'université du Michigan, partenaire historique du projet : il prévoit que l'université aura son mot à dire sur le prix de l'accès aux fonds numérisés de Google Book Search, et que cette disposition pourra être étendue à toutes les bibliothèques partenaires, qui pourront aussi bénéficier d'une réduction de tarif. L'université du Michigan bénéficie quant à elle d'un accès gratuit pendant vingt-cinq ans.

Mais qui détient les droits ?

Les ayants droit supposant qu'ils ont des livres numérisés dans la base peuvent le vérifier simplement, via le site Internat dédié à l'accord, où il suffit d'ouvrir un compte d'accès. La difficulté sera d'identifier les livres épuisés ou indisponibles, et de savoir qui détient les droits dessus. Les éditeurs qui prêtent leur fonds développent parfois des conceptions très conservatrices face à des auteurs qui arguent de cette négligence pour récupérer leurs droits.

Sortir de d'accord, ou y rester ?

Sortir de l'accord laisse la possibilité d'intenter un procès à Google aux Etats-Unis, avec toute la charge et les aléas afférents à une action en justice contre une entreprise richissime dans son pays d'origine. Ce serait à peu près la seule option justifiant un retrait. Y rester suppose de ne rien faire d'ici au 4 septembre, et ouvre droit au versement des 60 dollars par titre en dédommagement de cette numérisation non sollicitée. Les ayants droit devront ensuite déclarer leurs droits sur tous leurs ouvrages référencés dans la base, car sinon ils seraient considérés comme orphelins.

D'autre part, cette base comprend aussi les données bibliographiques, récupérées sur l'immense catalogue Worldcat de titres non encore numérisés mais qui pourraient l'être. Cette recherche et ces déclarations peuvent représenter un travail considérable dans les grandes maisons ou les groupes.

Et qu'est-ce qu'un livre disponible ?

Le problème, pour les éditeurs non américains, est le critère d'appréciation de la disponibilité. Après avoir un moment considéré que tout ce qui n'était pas en vente aux Etats-Unis était indisponible, les signataires de l'accord sont convenus d'une position quand même moins américano-centrée. Une des tâches des responsables du « Registre » sera donc de rassembler les bases de données bibliographiques du monde entier Mais elles ne sont pas d'une fiabilité absolue : les éditeurs manquent parfois de spontanéité pour signaler les titres épuisés, dans la mesure où ils devraient alors rendre leurs droits aux auteurs…

Ce « Règlement » pourrait donc engendrer quelques conflits supplémentaires. D'autre part, l'accord prévoit que les éditeurs devront demander l'accord des auteurs s'ils décident de donner leur approbation à la consultation de leurs ouvrages, même s'ils on fait signer des avenants et disposent des droits numériques.

L’édition française consultable aux Etats-Unis et pas en France

Si le « Règlement » était accepté, il ouvrirait paradoxalement aux internautes américains un fonds d'édition française auquel les lecteurs résidant en France n'auraient pas accès. Il s'agirait certes d'ouvrages anciens et peut-être pas du plus haut intérêt pour un lecteur avide de nouveautés, puisqu'il serait d'abord composé de titres pour lesquels aucun ayant droit ne s'est manifesté, mais ce ne serait pas une situation tenable très longtemps : les enseignants, les universitaires, les chercheurs, frustrés de ne pas pouvoir consulter cette masse de données pleine de potentielles études littéraires, linguistiques, historiques, etc., ne manqueraient pas d'en réclamer l'accès.Ce règlement valable pour les seuls Etats-Unis porte donc en germe son extension au monde entier.

Et si l'accord est rejeté ?

Même ceux qui ont exprimé leurs réserves ou leurs critiques ne seraient pas soulevés d'enthousiasme si le juge rejetait l'accord : cela ouvrirait plusieurs années d'une situation incertaine, dans l'attente de l'issue d'un procès aux conséquences majeures pour le livre dans le monde entier. La guilde des auteurs et l'association des éditeurs américains y perdraient jusqu'à leur dernier cent en frais d'avocat. Le souhait de tous ceux-ci ont soulevé des objections est que Google continue son programme, mais que d'autres entreprises ou organisations puissent se 1ancer dans un même projet, sans léser les ayants droit, et de façon à préserver une concurrence future. Mais dans le cadre de cette procédure de class action, le juge ne peut qu'accepter ou rejeter l'accord qui lui est soumis, pas en réécrire une autre version. Jeffrey Cunard, avocat des éditeurs, indiquait toutefois dans une interview à Livres Hebdo qu'en cas d'un éventuel refus, si les motifs n'étaient pas rédhibitoires, les trois parties pourraient remettre leur ouvrage sur le métier...

(Article de Hervé Hugueny, Livres-Hebdo)

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. Un « Plan d’urgence pour l’édition indépendante » vient d’être proposé par l’association L'Autre Livre. Il sera soumis aux pouvoirs publics et aux professionnels du livre.

Près d’une centaine de professionnels (éditeurs, libraires, bibliothécaires, auteurs…), ont assisté aux 2es Etats généraux de l’édition indépendante, organisés par l’association L’autre livre jeudi 23 octobre à la mairie du XIe arrondissement de Paris.

Dans un contexte économique qui se durcit, L’autre livre a formulé un «Plan d’urgence pour l’édition indépendante». Dix propositions ont été émises par Francis Combes, président de l’association. Elles seront transmises dans les prochaines semaines aux pouvoirs publics et aux professionnels du livre.

1 – Appeler les pouvoirs publics à agir auprès des banques pour qu’elles soutiennent l’activité des PME, en maintenant les autorisations de découvert et en octroyant des prêts à faible taux.

2 – Apporter une aide publique aux initiatives de coopération et de regroupement des éditeurs indépendants (mutualisation de moyens de fabrication, de diffusion, de distribution, création de sites Internet…).

3 – Poser la question d’une réforme du CNL, tant sur les modes d’attribution des aides que sur leur objet. Mettre en place des aides au fonctionnement pour les éditeurs.

4 – Obtenir que l’attention portée à la production des éditeurs indépendants soit retenue comme un critère pour l’attribution du label de Librairies indépendantes de références (LIR) prévu par le ministère de la Culture.

5 – Créer une charte de L’autre livre entre librairies indépendantes et éditeurs indépendants qui souhaitent défendre ensemble une édition de qualité. Elle pourrait prendre le nom de « charte de L’autre livre ».

6 – Instauration d’un tarif postal spécifique pour le livre, suite à la pétition lancée en 2006.

7 – Œuvrer pour le rapprochement entre éditeurs indépendants et bibliothèques. Préciser dans les missions des bibliothèques leur vocation à accueillir les éditeurs indépendants.

8 – Intervention auprès du CSA pour inscrire dans la mission de service public des chaînes de télévision la nécessité de prendre en compte l’édition indépendante et de défendre un pluralisme.

9 – Instauration d’un pourcentage de droit (par exemple 1%) sur les ouvrages du domaine public. Le fonds abondé par ce droit pourrait être géré paritairement par les organisations représentatives des professionnels du livre.

10 – Créer un Observatoire du livre indépendant, qui permette aussi des échanges d’informations entre les indépendants.

Certaines de ces propositions figuraient dans le livre blanc pour l’édition indépendante rédigé en 2005 par L’autre livre à l’issue des 1ers Etats généraux. En lançant cette fois un plan d’urgence avec des mesures concrètes, l’association entend peser dans les décisions des pouvoirs publics.

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Portail du Livre.  Je suis auteur auto-édité, comment vendre mon livre moins cher plutôt que de garder mes invendus sur les bras ?

D. Demartis. 1. La gratuité des frais de port est normalement interdite car considérée, pour le moment, comme de la vente à prime. Mais internet bouleverse des habitudes de consommation qui n'existaient pas lors du règlement de la loi Lang (Août 1981). Il y a de fortes chances pour que l'on aille vers une tolérance accrue à ce niveau. Mais, autant le savoir, ce n'est absolument pas le cas pour le moment.

2. 30% pour un libraire est normal pour des achats à l'unité.

3. Vente aux particuliers : 10% de remise à partir de 2 livres achetés c'est formellement interdit.

Je me permets de citer l'article de loi : Les détaillants doivent pratiquer un prix effectif de vente au public compris entre 95 % et 100 % du prix fixé par l'éditeur ou l'importateur. Ce qui signifie donc une remise maximum de 5% pour les particuliers, quelque soit la quantité achetée.

4. La remise aux bibliothèques, et aux collectivités territoriales, est de 9% MAXIMUM.Pour plus d'informations à ce propos, vous pouvez consulter cette page : http://www.panoramadulivre.com/V2/article.php3?id_article=39

5. Les comités d'entreprise, les parents d'élèves, les associations étudiantes, etc., ne peuvent pas en aucun cas bénéficier de remise.

En France, et jusqu'à l'instauration du label LIR (Librairie Indépendante de Référence) au niveau national, toute digression par rapport à la loi Lang est particulièrement mal venue: Le SLF (Syndicat de la Librairie Française) veille également mais n'hésite nullement à avoir recours aux procédures juridiques.

 

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Portail du Livre. Je suis auteur auto édité. Mon livre est référencé sur la base Dilicom. Il l'est donc automatiquement sur certains sites de libraires en ligne qui appliquent des frais de port gratuits. Est-ce légal ?

(transmis par monsieur Demartis) : Frais de port gratuits : Alapage gagne en cassation contre le Syndicat de la librairie française

Presse Edition 15/05/2008

Cette décision met un terme au contentieux qui opposait le SLF à Alapage.com , à qui il reprochait de faire bénéficier ses clients de la gratuité de la livraison d’un livre commandé sur son site internet Le SLF prétendait que le port gratuit constituait le support d’une prime, interdite par l’article 6 de la loi Lang et l’article L 121-35 du code de la consommation.Cette argumentation avait été retenue par la Cour d’appel de Paris qui avait alors jugé que l’annonce de la livraison gratuite du livre constituait une incitation à l’achat, caractéristique d’une prime. La Cour de cassation réfute cette analyse. Par une motivation de principe, elle juge que la prise en charge par le vendeur du coût afférent à l’exécution de son obligation de délivrance du produit vendu ne constitue pas une prime. Cette décision est appelée à une large diffusion et sera publiée sur le site internet de la Cour de cassation. Elle livre une interprétation de la loi Lang, qui aura 27 ans le 10 août prochain, de nature à l’adapter aux règles nouvelles de protection des consommateurs et du « e commerce », lesquelles n’entraient pas dans les préoccupations du législateur de 1981. La loi Lang a pour vocation d’exiger du distributeur du livre, sédentaire ou virtuel, la pratique d’un prix unique du livre. Elle tendait à assurer la diversité des réseaux de distribution et à protéger les libraires face à la grande distribution. Elle ne saurait être entendue aujourd’hui comme excluant toute possibilité de concurrence entre les différents distributeurs dès lors que ceux-ci respectent le prix unique du livre. Le choix d'Alapage.com de prendre en charge le coût du port du livre n’est donc que l’expression de sa liberté d’utiliser la marge constituée de la différence entre le prix payé par l’internaute et le prix payé par Alapage.com auprès de l’éditeur. Alapage.com réaffirme son souhait que soient recherchés, par voie consensuelle, de nouveaux équilibres dans le secteur de la distribution du livre. Les nouvelles techniques de vente, les nouveaux modes de consommation, la mise à disposition par les libraires eux-mêmes de nouveaux instruments commerciaux, rendent nécessaire une telle réflexion.

Cette recherche sera fructueuse si elle répond à quatre objectifs : garantir l’équilibre des obligations entre les divers réseaux de distribution ; impliquer tous les maillons de la chaîne de l’édition (éditeurs, distributeurs, détaillants); maintenir l’égalité dans la concurrence ; protéger les acquis d’internet au bénéfice du pouvoir d’achat du consommateur.

Retrouvez cet article sur le lien suivant :

http://www.presseedition.fr/front/action.php?page=actu_art&id_art=2502

Ndlr : dans le cas des auteurs auto-édités, la plupart du temps, c'est l'auteur lui-même qui envoie le livre au lecteur. A partir de là, ce ne sont pas les libraires en ligne qui prennent à leur charge les frais de port, mais l'auteur lui-même. L'auteur auto-édité, inscrit dans la base Dilicom, automatiquement répertorié sur certains sites de libraires en ligne, n'a d'autre solution que d'inclure les frais de port, souvent très lourds, dans le prix de vente du livre afin que l'application de cette disposition ne le pénalise pas. On constate aujourd'hui, avec la flambée de l'auto-édition, que les règles fixées depuis des lustres en matière éditoriale (alors que l'auto-édition était marginale) ne sont plus très adaptées.