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Que vaut le compte d'auteur
Il arrive que l'écrivain, faute de trouver un éditeur, paie pour être édité. Il signe également un contrat, mais celui-ci ne doit pas être confondu avec un contrat d'édition. Dans ce type de contrat, l'auteur ne perçoit pas de "droits d'auteur " mais des " bénéfices " ou une "rétrocession sur les bénéfices". Ce contrat est donc un contrat de type commercial où l'auteur est le "client" d'un l'éditeur qui lui fournit une "prestation". Ce n'est pas l'éditeur qui commande un livre à l'auteur, mais l'auteur qui commande un livre à l'éditeur. Ce n'est pas l'éditeur qui finance la publication, mais l'auteur.

Cette notion de "bénéfices" a des répercussions autant au niveau social qu'au niveau fiscal. La rétrocession sur les bénéfices, assimilées à tort, parfois, à des "droits d'auteur" correspond à un pourcentage sur le prix de vente hors taxe du livre. En contrepartie, l'auteur ne fait aucune "cession" de ses droits : il les conserve dans l'intégralité. Autrement dit, s'il advenait que son livre devînt un best-seller courtisé par l'industrie cinématographique, il négocierait pour une montant bien plus important que ne le ferait un écrivain édité à compte d'éditeur. S'il advenait…

Parmi les contrats à compte d'auteur, il faut ranger le contrat de compte à demi pour la simple et bonne raison que c'est la loi qui l'indique : "Ne constitue pas un contrat d'édition, (..) le contrat dit de compte à demi. (..) Ce contrat constitue une association en participation (..)"

Qu'est-ce qu'un contrat de compte à demi ? Dans ce type de contrat, l'éditeur engage les fonds pour la publication, mais les bénéfices ou les pertes sont partagés entre l'auteur et l'éditeur. S'il y a bénéfices, l'auteur est certes gagnant, mais s'il y a pertes, l'auteur devra les partager avec l'éditeur.... ce qui ne va pas tout à fait dans le sens de l'édition, telle qu'on l'entend.  

Et pourtant le contrat à demi peut avoir des avantages, notamment dans le fait que l'auteur conserve tous ses droits et que sa part sur les bénéfices peut être bien plus importante que les seuls droits d'auteur habituellement consentis.

L'édition à compte d'auteur est-elle une arnaque ? 

Pendant longtemps l'édition à compte d'auteur fut considérée comme une arnaque. Pourquoi ? L'auteur finançait un intermédiaire pour être édité. Auprès des lecteurs, comme auprès des professionnels du livre, la publication d'un livre financée par son auteur était synonyme de "pénurie de talent". L'écrivain affrontait un faux comité de lecture qui, de toute manière, acceptait le livre sans aucun critère de sélection. Il ne bénéficiait d'aucun soutien professionnel dans la correction de l'ouvrage. Il signait un faux contrat d'édition où la confusion était habilement entretenue entre "droits d'auteurs" et "rétrocession sur les bénéfices". Enfin, l'auteur prenait le risque de se retrouver avec tous les exemplaires de son livre sur les bras, car l'éditeur ne pouvait lui garantir une diffusion correcte. Ce procédé de publication était extrêmement coûteux.Mais l'arnaque résidait surtout dans le fait que certains éditeurs publiaient à compte d'auteur sans le reconnaître officiellement.

Il en est différemment aujourd'hui. Le compte d'auteur pratiqué dans l'édition en ligne a tendance à se développer. Tout d'abord, le coût investi par l'auteur est bien moindre. Soit le livre n'existe pas en version papier, il n'existe qu'en ligne, et dans ce cas l'auteur trouvera toujours un minimum de lecteurs pour l'investissement qu'il aura engagé. Soit le livre existe en version papier, en plus de la version en ligne, et dans ce cas, il est imprimé "à la demande", c'est-à-dire que l'auteur sera sûr de vendre ce qu'il aura publié. Mais dans ce cas le prix du livre à l'unité sera plus cher, puisque l'impression se fera en quantité limitée.

Dans l'édition en ligne, le compte d'auteur peut revêtir différentes formes : l'auteur peut obtenir un véritable travail de corrections, de simplification des formalités et de diffusion auprès de l'éditeur, le tout sans cession de droits, comme il peut ne rien trouver du tout sinon un mise en ligne payante de son texte, à l'état brut, avec promotion aléatoire et, pire, cession de ses droits. Il lui appartiendra d'être vigilant quant au contrat signé. Mais, globalement, il sera toujours permis à un auteur inconnu de trouver un minimum de lecteurs, autres que ceux de son entourage, et donc de se faire connaître, ce qui est déjà un privilège considérable... au moins pour l'ego. 

Le contrat à compte d'auteur

Le contrat signé entre l'éditeur (prestataire) et l'auteur (client) est un contrat de louage d'ouvrage . Il porte sur les modalités de publication, le prix à payer par l'auteur pour être publié, le prix de vente de l'ouvrage, le montant des "bénéfices rétrocédés" à l'auteur (Ils sont en moyenne de 20% HT sur les " livres-papier " et de 50% HT sur les livres en ligne, sachant que la TVA pour les livres-papier sera de 5,5% et de 19,6% pour les livres en ligne), les modalités de rétrocession (l'auteur reçoit une fois par an un relevé de compte), les "droits d'auteur" qui restent intégralement la propriété de l'auteur.

Avant de signer le contrat, un devis est fourni à l'auteur par le loueur d'ouvrage (l'éditeur).

A quoi ressemble un "contrat de louage d'ouvrage" ? Le modèle simplifié, ci-après, également concocté pour le compte du Portail du Livre, sera la meilleure illustration des différences qui existent entre un "contrat d'édition" et un "contrat de louage d'ouvrage".

 

Modèle de contrat