En
général, l'éditeur ne fait
aucun
commentaire (mais là encore il faut distinguer les
"gros" éditeurs des "petits" : plus
l'éditeur est "petit" plus le contact est
humain). Le livre est retourné avec une
lettre d'accompagnement polie indiquant que
"l'ouvrage
n'entre pas dans le cadre des
collections". Vu
le nombre de manuscrits reçus et vu le nombre de
courriers de ce type envoyés aux écrivains,
on peut se demander si le "cadre" est bien adapté
à la fonction éditorial, s'il ne serait pas
un peu trop exigu, ou fixé avec une colle trop
forte, bref coincé aux entournures.
En fait, la plupart du
temps, pour éviter de heurter les
susceptibilités, l'éditeur se contente de
compléter une lettre
pré-imprimée
très polie
où il n'aura qu'à ajouter le titre du
manuscrit et le nom de l'auteur. Cette pratique,
ressentie par certains comme méprisante, en
incombe pourtant à l'auteur, incapable de
respecter la décision de l'éditeur,
incapable de comprendre que son manuscrit souffre
d'imperfections. Entre les manuscrits parsemés de
fautes d'orthographe ou de style, les manuscrits
tassés par souci d'économie de papier, les
manuscrits à dormir debout après la
troisième ligne, les manuscrits sans idée
originale, sans passion, sans vie, il faut
reconnaître que le travail d'un éditeur
n'est pas de tout repos.
Les écrivains qui
espèrent connaître la raison du rejet de
leur manuscrit en seront pour leurs
frais. Peut-être, éventuellement, si le
livre a franchi le cap du comité de lecture,
auront-ils un courrier plus détaillé, voire
un réel commentaire qui
pourra leur laisser supposer qu'ils ont un quelconque
talent, et qu'en
s'accrochant quelques années, ils ont une
hypothétique possibilité d'être
publiés un jour.
La majeure partie des
manuscrits publiés le sont parce que l'auteur est
d'ores et déjà connu, que son nom est une
signature de presse, que sa tête a fait le tour des
médias.... ou qu'il a été
confié à l'éditeur par une bonne
relation quelconque.
Quant aux manuscrits
envoyés par la poste, répétons-le,
un
pour mille a une
chance d'être publié. Le tout, c'est
d'y croire!
Si malgré tout
vous désirez connaître les motifs du rejet
de votre manuscrit, vous pouvez toujours accompagner
votre envoi de la grille
éditeur
concoctée par le portail du livre, en priant
l'éditeur de la compléter en cas de refus
de l'oeuvre. La grille
éditeur est
simple, rapide et peut donner à l'auteur un peu
plus de renseignements que les banalités
d'usage. Quant à l'éditeur, elle peut
lui simplifier la tâche sans tomber dans le
ridicule des lettres
pré-imprimées.
Pour utiliser la grille
éditeur, il suffit à l'auteur de
l'imprimer, de compléter la partie qui le concerne
et de la joindre au courrier qu'il adressera lors de
l'envoi de son manuscrit. Cette grille peut
également être utilisée par les
éditeurs.
Engagez-vous
à respecter la décision de
l'éditeur, à éviter de
l'importuner pour "plus de précisions"
ou pour contester son jugement. Une
meilleure correction des éditeurs
passe aussi par une meilleure correction des
auteurs.
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