L'édition en
ligne est la bouée de secours de l'écrivain
rejeté par les maisons d'édition
traditionnelles. Et nombreux sont les auteurs qui
optent pour cette forme de
publication. Malheureusement, au fil du temps,
l'édition en ligne révèle ses
failles.
L'éditeur-bidon
... Le nombre
d'éditeurs en ligne ne cesse d'augmenter depuis
quelques mois. Si une bonne majorité est
digne de confiance, il existe malheureusement le
même type d'escroqueries que celles qui
prolifèrent dans d'autres domaines... et
même hors internet. Parmi ces escroqueries, on
distinguera :
- la fausse maison
d'édition qui promet monts et merveilles, encaisse
les chèques et disparaît dans la
nature. Ne jamais effectuer un quelconque paiement
sans contrat ; sur ce contrat devra figurer clairement
les coordonnées de l'éditeur. Si
celui-ci est un éditeur fraîchement
établi, il conviendra de vérifier qu'il est
bien immatriculé au registre du commerce et il
devra être joignable. A défaut
l'éditeur offrira des garanties, à savoir
qu'il sera recommandé par telle ou telle
société ayant pignon sur rue... et si
possible connue de longue date.
- la maison
d'édition douteuse : elle propose des services
d'édition et donne des "conseils" aux auteurs,
mais pour accéder à ces "conseils" il faut
s'inscrire sur la liste de diffusion, bref indiquer son
adresse mail. La plupart du temps, les fameux
"conseils" ont été copiés sur
d'autres sites (qui eux n'exigent aucune aucune
inscription à une liste de diffusion pour y
accéder). En fait, "l'éditeur" en
question se fiche éperdument de ses
activités éditoriales (qu'il ait ou non des
auteurs à publier n'est pas sa
préoccupation principale), l'essentiel pour lui
étant de collecter des adresses mail et de
revendre ses fichiers à des
sociétés... et donc l'auteur gogo sera
matraqué de messages publicitaires. Se
méfier particulièrement des
"éditeurs" en ligne qui mélangent sur leur
page d'accueil une offre d'édition,
l'éphéméride ou un jeu à
titre de distraction, bref qui mélange les
torchons et les serviettes. Un éditeur, un
vrai, n'a généralement pas le temps de
divertir un public et consacre son site à la
promotion des auteurs qu'il a
édités.
Votre livre a été accepté par nos
éditions...
... mais il vous en
coûtera tant pour le mettre en ligne. Tout
éditeur qui réclame un paiement sous
quelque forme que ce soit, pratique le
compte
d'auteur ou au mieux
l'auto-édition
(lorsqu'il s'agit d'un libraire en ligne). Certains
éditeurs, honnêtes, annoncent clairement la
couleur, d'autres continuent à faire grincer le
violon.
Vous
toucherez 50 % de droits d'auteur ...
...sur chaque exemplaire
vendu en ligne. Ce qui est bien plus
alléchant que les 10 % versés par les
éditeurs classiques. Certes. Mais
50 %
sur la vente de 3
exemplaires n'a
rien de comparable avec 10 %
sur la vente de 10 000
exemplaires.
Vous serez lu par le monde entier
Peut-être
! Mais de là à ce que le monde entier
se rue sur vos ouvrages ! Vous êtes un auteur
inconnu et vous serez noyé
dans la masse des
publications faites par l'éditeur. A moins
d'un excellent référencement sur le web, il
y a bien peu de chances que vous soyez lu... par le monde
entier. Jusqu'à preuve du contraire, les
lecteurs préfèrent le "livre-papier" au
livre en ligne, diffusé à très peu
d'exemplaires
Votre livre sera diffusé sur notre
site
Un livre
présenté
sur un site n'est pas forcément un livre
diffusé
par ce même site. Au plus, il s'agit d'une
promotion
de l'ouvrage... à charge pour l'auteur d'envoyer
les exemplaires à ses
lecteurs.
Vous cédez vos
droits...
... puisque nous publions
en édition traditionnelle. L'auteur
perçoit un pourcentage sur les publications en
ligne, téléchargées par les
lecteurs. Si le nombre d'exemplaires vendus en ligne
justifie une publication papier, celle-ci sera
effectuée. Dans le cas contraire le livre
restera seulement en ligne.... et l'auteur ne pourra
pas frapper à la porte d'un autre éditeur
(papier), puisqu'il aura "cédé ses droits"
pour la durée indiquée sur le contrat
(sa
vie durant et 70 ans après sa
mort). Ainsi,
l'auteur perd ses droits sur son livre...sans jamais
avoir rien publié.
L'impossible résiliation du contrat
En édition
traditionnelle, il est dit que : "L'éditeur
assurera à l'oeuvre une exploitation permanente et
suivie, et une diffusion commerciale conforme aux usages
de la profession. Des exemplaires
seront constamment
disponibles. Si
le livre est épuisé et n'est pas
réimprimé, le contrat
serait résilié
et l'auteur
retrouverait pleinement ses droits, y compris les droits
cédés par l'éditeur à des
tiers."
Comment résilier
un contrat pour un livre en ligne, sachant que
l'éditeur n'a pas de gros efforts à fournir
pour que les exemplaires soient constamment disponibles.
L'auteur ne retrouve jamais
"pleinement
ses droits". Et ne
peut publier ailleurs.
Droit de préférence
Dans un contrat
d'édition traditionnel, l'auteur s'engage à
accorder un droit de préférence à
l'éditeur, pour la publication de ses oeuvres
futures, c'est-à-dire ses 5 prochains livres ou
ses publications sur les 5 prochaines
années. Si son premier livre en ligne a connu
un succès relatif, sans doute sera t-il
tenté par une publication papier chez un
éditeur traditionnel. Ce qui peut lui
être refusé
par son éditeur en ligne.
A-valoir
Un à-valoir est
une avance sur les droits. Les éditeurs en ligne
sont rares
à le proposer dans leur contrat. Auraient-ils
des doutes sur les ventes ?
L'édition en ligne
a ses failles. Pourtant il serait vain de ranger
éditeurs, imprimeurs ou libraires en ligne dans le
même panier. Il appartient surtout à
l'auteur de poser la
bonne question : au
lieu de "quel pourcentage vais-je avoir sur les
exemplaires vendus?" mieux vaut lui demander "combien
d'exemplaires puis-je espérer vendre ?"